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27/03/2016

Message du président de la Fédération protestante de France à l'occasion de Pâques 2016

« Selon les récits des Évangiles, celles et ceux qui se sont rendus au tombeau le matin de Pâques étaient désemparés, perplexes ou le plus souvent effrayés.

 

Le message de la Résurrection n’a pas été annoncé aux forts, aux insouciants ou aux confiants, mais à ces témoins fragiles et incertains.

 

Dans ce temps de Pâques, où nous sommes bouleversés et effrayés par les crises et les drames qui se succèdent, nous rendant fragiles au cœur de nos lieux de vie et de liberté, l’Évangile nous annonce encore aujourd’hui que le Christ est vivant !

 

La Fédération protestante de France s’associe aux douleurs, aux difficultés et aux doutes de chaque citoyen. Elle témoigne d’un message qui réconforte et rassure et qui réoriente le regard loin du tombeau où gisait le Christ, pour la vie qu’il nous donne et où il nous accompagne chaque jour.

 

C’est pourquoi, dans ce temps de Pâques, la Fédération protestante de France encourage ses Églises, ses œuvres et ses mouvements à renouveler leurs engagements, notamment ceux pris pour l’accueil digne et confiant des migrants, la justice climatique, le renforcement des relations entre chrétiens et le souci du prochain quel qu’il soit. »

 

Dans ce temps de Pâques, particulièrement dans le cadre des cultes célébrés le dimanche 27 avril 2016, j’ appelle l’ensemble des membres de la FPF et j’ invite tous ceux qui souhaitent s’y associer, à s’unir dans la prière pour faire face à l’épreuve et à annoncer la victoire de la vie en Jésus Christ.

Texte de la prédication du 27 mars 2016

Jean 20. 1 à 10

Pâques 2016 - Montélimar

 

L’Evangile que nous venons de lire nous parle de trois personnages qui nous ressemblent étrangement : Marie-Madeleine, Pierre et puis celui que le texte nomme « l’autre disciple » dont le nom n’est pas prononcé, justement pour que nous puissions d’autant mieux nous identifier à lui.

 

Je dis que ces trois personnages nous ressemblent étrangement car devant l’événement du tombeau vide, ils réagissent comme nous pourrions nous aussi réagir aujourd’hui. Au fond, Marie-Madeleine, Pierre et « l’autre disciple » symbolisent nos propres attitudes devant ce qui nous semble in-croyable.

 

Ils sont en réalité les trois figures que peut prendre le témoignage chrétien. Et ces trois figures sont contemporaines, elles sont figures d’aujourd’hui.

 

Nous les rencontrons dans nos paroisses, dans nos propres familles, dans notre société, et plus encore dans notre propre vie. Alors quelles sont-elles ces trois figures qui nous ressemblent ? En quoi nous ressemblent-elles ?

 

La première figure, représentée par Marie-Madeleine, est celle de la confiance, mais celle de la confiance déçue, qui ne comprend plus ce qui se passe.

 

Elle connaissait Jésus et avait confiance en lui. Or non seulement elle est tragiquement déçue par la mort de son Seigneur, mais en plus le tombeau est vide, et elle ne comprend pas ce qui se passe. Elle suppose qu’on a enlevé le corps. Mais où a-t-on pu le mettre ?

 

Elle ne peut rien faire d’autre que de constater le vide, éprouver le manque. Elle n’annonce que cela aux deux autres disciples à savoir précisément qu’il n’est plus ici !

 

La figure de Marie-Madeleine représente notre foi interrogative, qui cherche à expliquer le mystère de l’absence du corps de Jésus.

 

La deuxième figure est celle de Pierre. Même s’il n’a pas couru aussi vite que « l’autre disciple », ce dernier lui cède le pas et le laisse entrer le premier, et Pierre peut vite se faire une idée.

 

Mais son idée tourne court. Il s’arrête au constat du fait que sont posées là des bandelettes et que du linge est rangé dans la tombe. Il constate l’absence mais il ne dit rien. Pierre est, de fait, pétrifié. Il est figé, fasciné devant l’inattendu. Aucun message intelligible ne sort encore de sa bouche.

 

La figure de Pierre représente notre foi silencieuse, qui sent qu’il se passe quelque chose, mais qui ne comprend pas bien quoi.

 

La troisième figure est celle que représente « l’autre disciple ». Il entre enfin dans la tombe : il voit et il croit.

 

Ce disciple est la figure de la foi et de la vie qui naissent face à l’épreuve de l’absence et du manque. La foi qui croit alors qu’il n’y a, en fait, rien à voir si ce n’est les signes de l’absence, ces signes qui sont à interpréter et à comprendre.

 

Ce que je crois, c’est que ces trois figures de la foi s’entremêlent dans nos propres vies, et selon les circonstances qu’il nous est donné de connaître.

Je crois vraiment que nous sommes tour à tour, devant cette question de la résurrection, parfois comme Marie de Magdala, dans l’incompréhension et sceptiques, parfois comme Pierre, intrigués mais sans voix, et parfois comme cet « autre disciple » prompt à discerner et à croire, même s’il ne sait pas encore très bien que croire.

 

Devant le tombeau vide, c’est-à-dire devant l’absence du corps de Jésus, devant l’absence de preuve, il est normal que nous soyons perturbés et perplexes.

Mais si nous voulons avancer, comprendre, on ne peut pas en rester pas là. Il nous faut oser entrer peu à peu dans un chemin d’interprétation et de discernement. Il nous faut tenter de faire preuve d’intelligence : l’intelligence de la foi.

 

Or c’est exactement ce qui se passe en ce jour même dans mille Eglises de ce monde où des milliers de fidèles célèbrent la Pâques, et en particulier en Belgique qui a connu cette semaine l’horreur du massacre qui frappe aveuglément . Apparemment le Maître est radicalement absent quand frappe le mal et le malheur car plus personne ne le voit, le maître, en aucun lieu de ce désastre.

 

Le Maître semble absent, comme le corps est absent pour Marie-Madeleine qui peine à interpréter le tombeau vide comme un signe. Et il fait encore nuit pour elle, comme dit le récit, en ce matin de Pâques.

 

Pour Pierre, cependant, le tombeau semble bien être un signe possible, non pas seulement un fait brut, car il constate qu’il n’y pas eu de vol ou d’effraction : les bandelettes sont trop bien rangées pour cela. Mais il ne sait pas encore quelle est la clef de ce signe. Et son regard s’arrête encore aux objets. L’interrogation est là, naissante à l’aube de jour.

 

« L’autre disciple », lui, croit même s’il ne comprend pas encore que le signe du tombeau vide, c’est la signature même du Christ vivant.

 

Frères et sœurs, chers amis…

- Vous les Marie-Madeleine pour qui tout cela est une histoire peut-être bien tordue…

- Vous aussi les Pierre pour qui l’événement mérite qu’on s’y arrête, qu’on y réfléchisse ensemble…

- Et puis vous les « autres disciples » pour qui tout cela fait jaillir ou fortifie la foi…

 

Grâce au matin de Pâques, devant la mort et l’absence auxquelles vous êtes confrontés, vos existences en Christ ont comme horizon la vie et non plus la mort, le pardon et non plus le jugement, la joie et non plus la crainte.

 

Car notre vie avec le ressuscité, ce n’est pas d’abord la vie après la mort, ou la vie qui occulte la mort. Notre vie avec le ressuscité, c’est avant tout la vie qui traverse la mort aujourd’hui, la vie qui se fraie un passage dans nos obscurités et qui émerge là où on ne l’attend pas.

 

Il a fallu que Marie-Madeleine, Pierre et l’autre disciple expérimentent et traversent le vide, l’absence, le déchirement, la fragilité, pour qu’ils se mettent en route sur le chemin d’une vie nouvelle.

 

Croire en la résurrection, c’est laisser le vide et l’absence être habités  par une nouvelle présence, par de nouvelles rencontres, par de nouveaux rêves, même si on ne sait pas encore comment ils vont se réaliser.

 

Le récit du tombeau vide nous dit que si au moment où nos sécurités nous abandonnent, nous nous laissons traverser par le vide, si nous osons faire face au tragique de la mort, c’est à ce moment là que devient possible l’émergence de quelque chose de radicalement nouveau. Amen.

Prédication de Pâques le 27 mars 2016

Culte de Pâques au temple.

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Texte : Jean 20. 1 à 10

Lien vers le texte de la prédication

24/01/2016

Texte de la prédication du 24 janvier 2016

« Vous êtes le peuple que Dieu s’est acquis

Pour que vous proclamiez les merveilles

De celui qui vous a appelés des ténèbres

A son admirable lumière.

 Vous qui jadis n’étiez pas son peuple,

mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ;

vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde,

mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.»

(1 Pierre 2.9-10)

 

Cette année, ce sont les chrétiens de Lettonie qui ont choisi les textes bibliques et les prières pour la semaine de l’unité.

 

La Lettonie est un pays qui est au carrefour des traditions catholique, orthodoxe et protestante, avec donc une expérience œcuménique solide.

 

Un point commun entre les Eglises

Ça me conduit à souligner un point commun qui existe entre les Eglises de Lettonie, celles à qui l’apôtre Pierre s’adresse, et nous qui sommes aujourd’hui auditeurs de cette parole.

 

Ce point commun, c’est que notre existence en tant qu’Eglises est le fruit d’un appel de Dieu.

 

Pierre qui s’adresse à plusieurs communautés chrétiennes a la certitude que ses lecteurs pourtant dispersés dans cinq provinces romaines sont unis spirituellement par un appel de Dieu.

 

Et ce n’est pas n’importe quel appel : il s’agit de l’appel à passer des ténèbres à la lumière de Dieu, c'est-à-dire à devenir peuple de Dieu alors que jadis nous n’étions pas son peuple, et à obtenir miséricorde alors que jadis nous n’avions pas obtenu miséricorde.

 

L’appel de Dieu se précise encore quand Pierre s’exclame : Vous êtes le peuple que Dieu s’est acquis

Pour que vous proclamiez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

 

Deux exemples des merveilles de Dieu

J’aimerais m’arrêter avec vous sur deux de ces fameuses merveilles de Dieu que les Eglises sont appelées à proclamer.

 

Oui, je vais prendre deux exemples de ces merveilles de Dieu, qui nous sont accessibles, et que nous avons à proclamer. Deux exemples qui reflètent à mes yeux notre réalité locale.

 

Le premier exemple c’est celui du regard que Dieu pose sur nos Eglises belles mais imparfaites, heureuses mais handicapées de plusieurs manières, à la fois fortes et sujettes à la fragilité.

 

Le regard que Dieu pose sur nos Eglises s’exprime par cette parole : « vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, maintenant vous avez obtenus miséricorde ».

 

Voilà une merveille de Dieu : la miséricorde, la profonde bonté, la compassion que Dieu manifeste à son Eglise, à nos Eglises, quelle qu’en soit leur dénomination. Par le simple fait que nous existions.

 

Mais ça va plus loin : c’est à nous que la question est posée. Où est notre miséricorde envers notre Eglise, en réponse à la miséricorde que Dieu lui fait ? où est notre bonté, notre indulgence, notre compassion pour l’Eglise de Dieu.

 

Nous avons tendance il me semble à être plutôt sévères à l’égard des imperfections de nos Eglises respectives.

 

Je ne parle pas du regard que nous portons sur les autres Eglises que la nôtre, mais bien de notre sévérité à l’égard de l’Eglise à laquelle nous appartenons.

 

Je ne mets pas en cause ici toutes les critiques constructives et nécessaires que nous avons à faire pour que la vie du peuple de Dieu progresse.

 

Ce que je mets en cause, c’est notre manque de bonté, de douceur, et de miséricorde, qui contraste tellement avec la miséricorde que Dieu nous manifeste.

 

Aimer les autres Eglises, c’est finalement assez facile parce qu’on se voit au fond assez peu.

 

Mais manifester de la bonté, de la patience et de l’espérance pour notre propre Eglise, c’est ça la proclamation que nous avons à faire des merveilles de Dieu, c'est-à-dire de sa miséricorde envers chacune de nos dénominations.

 

Le deuxième exemple que je vous propose des merveilles de Dieu, c’est son regard non plus sur le peuple de l’Eglise mais sur les places vides qui se trouvent dans chacune de nos Eglises.

 

Le regard de Dieu sur les places vides de nos Eglises, c’est ici encore un regard de bonté, de patience et de miséricorde. Dieu ne nous reproche pas ces places qui restent vides, il nous envoie au dehors pour appeler ceux qui viendront les occuper.

 

Attention, l’apôtre Pierre n’est pas en train de dire que tous ceux qui ne fréquentent pas nos Eglises sont dans les ténèbres. Il existe heureusement des chrétiens lumineux qui ne fréquentent aucune Eglise. Et c’est à nous de nous demander pourquoi.

 

Parfois du reste c’est nous-mêmes qui sommes évangélisés par des gens qui ne fréquentent pas nos Eglises.

 

Voilà pour ces deux exemples : proclamer les merveilles de Dieu en faisant miséricorde à notre Eglise comme lui-même lui a fait miséricorde, et proclamer les merveilles de Dieu en brillant dans les ténèbres comme lui est venu briller dans nos propres ténèbres.

 

Un triple message

Je termine cette prédication en adressant brièvement un triple message :

 

D’abord à ceux d’entre nous qui peut-être n’ont jamais goûté à la profonde bonté, et à la miséricorde de Dieu. J’aimerais vous dire qu’il est encore temps de le faire. Dieu souhaite vous rejoindre dans l’intimité de votre vie et de votre recherche.

 

Ensuite un message à ceux qui ont goûté à la bonté et à la miséricorde de Dieu, mais qui s’en sont éloignés, que ce soit par déception, par négligence, ou par désir de se tourner vers autre chose. J’aimerais vous dire que Dieu non seulement attend votre retour vers lui, mais qu’il est en route pour vous rejoindre et vous prendre dans ses bras comme au premier jour.

 

Enfin un message à ceux qui sont très sûrs de leur position de chrétiens, qui se sentent solidement fondés sur le roc, et qui sont très conscients de leur appartenance au peuple de Dieu. J’aimerais vous dire simplement : ne soyez pas trop sûr de vous-mêmes, ne soyez pas imbus de votre enracinement dans la vérité, mais soyez sûrs de la miséricorde de Dieu qui elle seule vous tient attachés à Jésus-Christ et qui continue de vous faire grâce jour après jour, amen.

 

 

Prédication oecuménique du 24 janvier 2016 à l'espace Mistral

Célébration annuelle œcuménique de Montélimar à l'espace Mistral

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Texte : 1ère Epitre de Pierre 2.9-10

Lien vers le texte de la prédication

27/12/2015

Texte de la prédication du 27 décembre 2015

Luc 20.9-19 : Parabole des vignerons.

 

Voici une histoire qui a plus les allures d’un drame que d’une bonne nouvelles pour ce dernier dimanche de l’année 2015.

 

J’y ai trouvé pourtant de quoi nourrir notre relecture de l’année écoulée, et nous préparer à celle qui va s’ouvrir. Je parle de relecture, car c’est bien à cela que nous sommes invités. Souviens-toi dit Dieu si souvent à son peuple. Souviens-toi que Dieu a été fidèle pour toi dans les petites choses, et même dans les grandes. C’est ça une relecture : c’est repenser à une année écoulée, et oser reconnaître que Dieu ne nous a jamais laisser tomber : que ce soit dans nos infidélités, nos inquiétudes, nos maladies, nos refus de Dieu, ou encore nos mauvaises langues… Dieu s’est révélé comme celui qui nous a pardonnés, relevés, remis en marche quand nous sommes tombés.

 

Je pourrais intituler ma prédication de ce matin : « Nous résistons à Dieu, et Dieu traverse nos résistance ». Il persiste à rechercher notre écoute, et notre obéissance. Oui, l’homme résiste mais Dieu persiste.

 

La parabole des vignerons violents me semble dire en effet comment Dieu persiste durablement à faire quelque chose de nous et avec nous. Et cela en dépit de nos résistances à Dieu, qui font partie de notre maturation spirituelle. : « Les hommes résistent à se confier en Dieu, mais Dieu persiste à vivre avec les hommes ».

 

Pour illustrer cela, deux images se superposent dans la parabole que Jésus raconte : d’une part l’image de la vigne et des vignerons et d’autre part l’image de la pierre et des bâtisseurs. Ces deux images ont ceci de commun, qu’elles nous montrent toutes les deux, un acte brutal, un acte du rejet.

 

Dans l’image de la vigne, l’acte du rejet se montre à plusieurs reprises, avec une violence progressive. Le rejet se dirige au terme de la parabole, contre le fils bien aimé du maître de la vigne. « Ils le chassèrent hors de la vigne et le tuèrent. ».

 

Dans l’image de la pierre, l’acte du rejet est montré brusquement dans la parole que Jésus emprunte au psaume 118 : « la pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue la principale, celle de l’angle ».  

 

C’est ainsi que deux figures du rejet se succèdent : le rejet du fils héritier et le rejet de la pierre fondatrice.

 

Nous aurions tort d’imaginer que ces deux figures du rejet sont mises en scènes par Jésus de manière exagérée ou simplement théorique. Car par ces deux images, Jésus vise avant tout son propre destin.

 

Jésus est bien celui qui n’a pas été reçu au moment où il s’est approché des hommes. Cette parabole est d’abord une mise en image et un avertissement du sort que les hommes lui réservent, à savoir le rejet, le refus. Elle nous parle de notre résistance à accueillir Jésus qui est Parole de Dieu.

 

Cette parabole nous rejoint aussi dans nos résistances à recevoir aujourd’hui les signes de vie que Dieu nous adresse. Comment la vie de Dieu s’est-elle manifestée pour vous ou pour vos proches durant l’année écoulée ?

 

A la fin d’une année puisque notre vie est rythmée par les mois et les années, il est salutaire de prendre conscience de nos résistances à Dieu dans le temps, les jours, l’année qui s’est écoulée.

 

Le théologien André Gounelle dans son livre « parler de Dieu » fait remarquer que la mode est à un Dieu qui ne peut jaillir que de l’intérieur de nous-mêmes. Comme si j’étais un chrétien autonome, qui n’aurait plus besoin ni de ses frères et sœurs, ni d’une parole nouvelle venant de Dieu.

 

Et pourtant, soyons honnêtes : notre vie est faite pour accueillir une parole déroutante venant de plus haut que nous-mêmes, pour accueillir un événement qui oriente nos choix, ou une rencontre qui modifie le cours de notre vie.

 

Or c’est justement lorsque Dieu nous déroute que peut jaillir de notre cœur la confiance. Mais au contraire, nous résistons parfois au surgissement de Dieu, comme les vignerons ont violemment résisté à ceux que le propriétaire de la vigne leur a envoyé.

 

Nos résistances à Dieu sont-elles sans espoir ? Jésus répond que non. Dans la parabole, chacune des deux scènes de rejet finit par se retourner et se transformer dans le bon sens.

 

Dans un premier temps de la parabole, il semble que le propriétaire soit mis en échec. Mais voici le retournement : Ce que les uns refusent, d’autres vont le faire à leur place. Les premiers vignerons sont écartés et la vigne est confiée à d’autres vignerons.

 

Là où l’humain résiste à Dieu, Dieu persiste avec les humains.

 

Il y a un retournement aussi dans l’image de la construction : la pierre est rejetée dans un premier temps par les ouvriers, puis elle est réhabilitée. Elle devient la pierre principale qui va faire tenir ensemble le travail de Dieu qui se poursuit au-delà du rejet. Là encore, « Les hommes résistent à Dieu, mais Dieu persiste avec les hommes »

 

C’est à mon sens un message missionnaire qui est porté par cette parabole : le rejet du Fils de Dieu, ne met pas en échec l’amour persistant de Dieu notre Père.

 

Au seuil de l’année 2016, nous sommes invités à recevoir ce matin le message de la persistance de Dieu. Il persiste dans son histoire d’amour avec les femmes et les hommes que nous sommes aujourd’hui.

Dieu persiste envers et contre tout à nous envoyer dans notre quotidien, comme chrétiens dans le monde, comme témoins d’un Dieu qui tient aux humains avec un amour tenace !

 

Oui, si l’année écoulée nous place devant les résistances que nous avons opposées à Dieu, elle nous place aussi devant la persistance de Dieu, qui nous pardonne et continue de construire avec nous une relation de confiance.

 

Oui Dieu nous fait confiance, il nous confie une bonne nouvelle dont nous devenons les témoins. Il travaille non seulement pour nous, mais aussi avec nous. Et voici cette bonne nouvelle insufflée par la parabole de ce matin : c’est que Dieu n’abandonne jamais. Là où l’homme résiste, D persiste. Amen

Prédication du 27 décembre 2015

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Texte : Luc 20.9-19 : Parabole des vignerons.

Lien vers le texte de la prédication

25/12/2015

Texte de la prédication de Noël 2015

Un texte beau mais difficile

Le texte de l’Evangile que nous venons de lire est un texte à la fois très beau, très poétique même, et en même temps assez difficile à comprendre.

 

Cette difficulté tient au fait qu’à chaque phrase il nous est dit quelque chose d’important, avec des mots qui sont lourds de sens. C’est un texte à forte concentration théologique.

 

Prenons par exemple le premier verset : « Au commencement était la Parole, la Parole était auprès de Dieu, la Parole était Dieu ».

 

Avec cette entrée en matière, nous sommes placés face à cette fameuse Parole, le logos, qui est ici personnifiée : Non seulement cette Parole était avec Dieu mais elle était Dieu. Mais comment une Parole peut-elle être Dieu ?

 

Mon plan de prédication

Je vais donc m’arrêter un instant sur la signification de cette Parole.

 

Ensuite je me demanderai avec vous en quoi pour un jour de Noël, ce début de l’Evangile de Jean est bien choisi.

 

Et enfin je montrerai que le centre de ce passage est ce que j’appellerai un Noël à l’envers.

 

La Parole – Logos : c’est le Christ

Avant tout donc, revenons à ce terme de Parole qui se dit en grec Logos.

 

Dans l’Evangile selon Jean, cette Parole n’est pas n’importe quelle parole, mais elle désigne une personne.

 

Une personne qui était rappelez-vous « au commencement », « auprès de Dieu », et même qui « était Dieu ».

 

Et on découvre dans ce prologue à l’Evangile selon Jean, que cette Parole c’est le Christ, le Fils de Dieu.

 

Et là j’insiste en disant qu’il n’est pas simplement question ici de la parole du Christ, mais il nous est dit que cette Parole, c’est le Christ : cette parole a habité parmi nous dit Jean, pleine de grâce et de vérité.

 

La Parole de Dieu pour un chrétien, ce n’est pas avant tout la Bible, c’est avant tout le Christ, dont témoignent les Ecritures.

 

C’est une Parole personnifiée, un peu comme la Sagesse dans le livre des proverbes que nous avons lu.

 

JC a son origine en Dieu

En quoi cette affirmation est importante pour nous ? Elle est importante pour notre foi. Elle est importante pour notre théologie.

 

Car on est tenté aujourd’hui, comme à d’autres époques, de faire de Jésus-Christ un homme tout à fait comme les autres.

 

Il nous arrive même de banaliser la personne du Christ. Nous en faisons un être dont l’existence n’a commencé que le jour de Noël.

 

L’Evangile que nous méditons ce matin considère les choses autrement.

 

Il nous renvoie au commencement de toute chose en disant : « au commencement était la Parole, la Parole était auprès de Dieu, la Parole était Dieu ».

 

Cela nous rappelle bien sûr les premiers mots de la Bible dans le livre de la Genèse : « Au commencement Dieu… et Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut… ».

 

Du coup notre foi au Christ, notre confiance en lui, notre adhésion à sa personne prennent une importance particulière. Car comme le chante Francis Cabrel, nous ne mettons pas notre foi dans le « premier JC qui passe ».

 

Le Christ Jésus en qui nous mettons notre confiance, c’est celui qui a son origine

dans le cœur de Dieu.

Dans l’éternité de Dieu.

Dans la vie de Dieu.

Dans la lumière de Dieu.

 

C’est un mystère lumineux, et non pas un mystère opaque.

 

C’est un mystère qui donne du poids à ce oui que nous avons dit un jour à Dieu en Jésus-Christ et que nous avons à redire chaque jour.

 

Dieu ne nous prend pas à la légère quand il nous invite à croire en son Fils.

 

Car il s’agit bien de son Fils unique, qui était auprès de Dieu, qui était Dieu, et qui est venu à notre rencontre, qui s’est incarné dans l’humanité, par amour pour nous.

 

Le Noël selon Jean : La parole devenue humaine

Je vais passer maintenant à ma deuxième question : En quoi pour un jour de Noël, ce prologue de l’Evangile de Jean est si bien choisi ?

 

Noël, vous le savez, c’est un mot dérivé du latin « Natalis » qui signifie « Naissance ».

 

Et comme à Noël on fête la naissance de Jésus de Nazareth, allons voir ce qu’en dit notre passage de ce matin.

 

Or quand on relit ce passage un jour de Noël, on est d’abord un peu déçu de ne pas y trouver nos repères habituels :

 

On n’y trouve pas de recensement, pas de crèche, pas de bergers ni de mages, pas d’étoile, pas de Marie ni de Joseph, mais alors que reste-t-il ?

 

Il nous reste une déclaration qui est centrale pour un jour de Noël et qui nous dit : « La Parole a été faite chair, elle est devenue humaine, elle a fait sa demeure parmi nous ».

 

C’est comme cela que Jean parle de Noël.

 

Lui qui vient de dire que la Parole était auprès de Dieu et était Dieu… il nous dit maintenant que cette Parole mystérieuse, éternelle, divine, est venue prendre sa place sur la terre, parmi les humains.

 

Le Noël selon Jean,

 

c’est le ciel qui vient rencontrer la Terre,

 

c’est l’Eternité qui entre dans notre temps,

 

c’est le divin qui devient humain,

 

c’est l’inaccessible qui devient accessible,

 

c’est le lointain qui se fait proche,

 

c’est la Loi qui se fait grâce,

 

c’est la nuit qui se fait lumière.

 

Sentez-vous que nous sommes ici en pleine fête de Noël ?

 

Sentez-vous que cette Parole devenue chair, devenue humaine,

 

c’est Dieu avec nous,

 

c’est Dieu en faveur de nous,

 

c’est Dieu qui se met à parler notre langue,

 

c’est Dieu qui vient dans le monde ?

 

Ce que ça change : Être né de Dieu

Et pourtant tout n’est pas encore dit avec la déclaration de ce mystère.

 

Car nous avons le droit de rétorquer : mais qu’est-ce que ça change pour nous ?

 

Or vous l’avez peut-être remarqué à la lecture de tout à l’heure, notre passage répond à cette question.

 

Il vient dire en quoi nous sommes concernés par le mystère de l’incarnation.

 

Je relis deux versets : « À tous ceux qui l’ont reçue, cette Parole, à tous ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

 

Or ceux-là qui deviennent enfants de Dieu, sont nés non pas du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais ils sont nés de Dieu. ».

 

Alors je vous pose la question : On parle de la naissance de qui dans cette citation ? non, vous avez raison, ce n’est plus de la naissance de Jésus-Christ dont on parle, comme tout à l’heure.

 

Maintenant c’est de ma naissance, de ta naissance, de notre naissance qu’il est question.

 

Non pas de notre naissance provenant d’un homme et d’une femme dans ce monde, ça c’est déjà fait, c’est du connu.

 

Mais il s’agit maintenant de notre naissance provenant de Dieu.

 

Car il est bien dit : Ceux qui ont reçu cette Parole de vie, ceux qui croient en son nom, sont eux-mêmes nés de Dieu.

 

Non plus d’un homme et d’une femme mais de Dieu.

 

Jean nous parle bien d’une autre naissance, d’une nouvelle naissance, d’une naissance spirituelle, donnée par Dieu.

 

De la caricature à la vie reçue de Dieu

je vous accorde tout de suite que aujourd’hui cette naissance de Dieu, cette nouvelle naissance n’a pas bonne presse. Pourquoi ?

 

Parce que certains groupes religieux qu’on appelle les « new born », les nouveaux-nés de Dieu, surtout aux USA, ont parfois caricaturé cette nouvelle naissance.

 

Et les médias se sont chargés de la caricaturer encore plus qu’elle ne l’était déjà.

 

Il n’en reste pas moins que ce matin, notre Evangile nous annonce cette bonne nouvelle : Celui qui reçoit cette Parole de vie est né de Dieu, et peut être appelé enfant de Dieu.

 

Elle est là la bonne nouvelle de Noël, et elle a été fort bien résumée par une parole qui s’exclame en disant : « Il ne servirait à rien que le Christ soit né mille fois dans une crèche, s’il ne vient pas naître une fois dans ton cœur. » Amen

 

Prédication de Noël du 25 décembre 2015

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Texte : Evangile de Jean 1. 1 à 18

Lien vers le texte de la prédication

20/12/2015

Rendez-vous de la semaine du 20 au 27 décembre 2015

Mardi 22

Rencontre de prière au Fust à 18h30

 

Jeudi 24

Veillée de Noël au temple de 18h à 19h. Ne manquez pas ce temps de recueillement avant les festivités familiale

 

Le 24 décembre toujours, pour une raison liée à la solitude ou à autre chose, certains d’entre vous seraient peut-être contents de partager, après la veillée, le temps du repas. Si c’est le cas, veuillez vous adresser à Pierre-André Schaechtelin par mail ou par téléphone.

 

Vendredi 25 : NOEL

Culte de Noël au temple à 10h15.

 

Dimanche 27

Dernier culte de l’année 2015 à 10h15, présidé par notre pasteur PA Schaechtelin.

 

 

Au mois de janvier, tous les mardi soir de 18h30 à 19h30 aura lieu au temple un temps de prière inspiré de la liturgie de la communauté de Pomeyrol. Venez vous joindre à ces moments de recueillement !

 

Concernant les itinéraires spirituels, il est encore temps de vous inscrire. Les précisions avec animateurs et accueillants se trouvent sur une feuille à la sortie du temple. C’est C. Nani qui coordonne cette opération dont la première rencontre aura lieu dans la semaine du 11 au 17 janvier.