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25/12/2015

Prédication de Noël du 25 décembre 2015

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Texte : Evangile de Jean 1. 1 à 18

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08/11/2015

Prédication du 8 novembre 2015

Prédication de Pierre-André Schaechtelin

Il s'agit d'un conte : Le poisson d'or

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01/11/2015

Prédication du 1er novembre 2015

Prédication de Pierre-André Schaechtelin sur le thème : La communion des saints

Textes : 1 Corinthiens 1.1-3 et Hébreux 12.1-2

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12/09/2015

Prédication du 13 septembre 2015

Culte des Familles

Prédication de Pierre-André Schaechtelin sur le thème : Tous étrangers

Textes : Genèse chapitre 12 versets 1 et 2.

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07/12/2014

Prédication du 7 décembre 2014

Prédication de Serge Soulier sur le thème de : Baptiste

Texte : Evangile de Marc chapitre 1 versets : 1 à 8

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26/10/2014

Prédication du 26 octobre 2014

Prédication d'Alain Becker sur le thème : Sainte Colère

Textes :

- Livre de Job versets du chapitre 32 connus sous le nom de "Discours d'Elihou".

- Évangile de Marc chapitre 1 versets 39 à 45

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24/02/2013

Prédication culte du 24février 2013

Predication du Dimanche 24 février 2013 par le pasteur Serge Soulié

La métamorphose

Luc 9 v 28-36     . 1 Cor 15 :45-49          Exode 33/7-9

Et de la nuée sortit une voix qui dit: celui-ci est mon fils élu. Ecoutez-le

A l'université, un de nos professeurs nous faisait travailler sur des textes dont le sujet principal était "l'amour". Ce matin là, nous devions nous pencher sur un texte du cantique des cantiques. Nous étions en 68 et le monde étudiant était en ébullition. C'est peut-être pourquoi une dizaine d'étudiants chahutèrent le prof en refusant qu'il explique le texte en question. Selon eux il parlait par lui-même. Le décortiquer c'était le dénaturer et noyer le sens dont il était porteur. Le risque était de le réduire à ce que nous voudrions lui faire dire. Il fallait le laisser parler au-delà même de notre compréhension.  Je n'ai gardé aucune acrimonie contre mai 68 ou ces étudiants impertinents. Bien au contraire , j'ai appris depuis à laisser parler en moi les textes sans les soumettre à ma  réflexion, sans chercher à comprendre.  Pasteur,  on est amené à ouvrir la bible pour son travail. Je me plais aussi à la lire pour rien. Lire le texte et le laisser parler.  Mon vécu vient, par bribes successives, s'y ajouter, s'y coller ou s'y fondre. C'est alors qu' un sens nouveau en émerge, qu'une découverte se  présente. Pour autant, l'étude du texte est indispensable. Je dirai seulement qu'il y a un temps pour tout. Les deux approches se complètent et nourrissent notre foi.

Laisser vagabonder le texte dans notre esprit, n'est peut être pas possible avec tous les textes . Celui d'aujourd'hui  s'y prête. Le lire et le laisser parler sans chercher à le commenter. Le laisser nous entraîner au-delà même de notre réalité quotidienne. Il nous élève au dessus de ce que nous pouvons comprendre et au fur et à mesure que se déroule la lecture, nous nous laissons emporter jusqu'à  être présent sur cette montagne et participer à l' événement avec les trois disciples assistant à la transfiguration de Jésus. 

Vous  l'aurez compris, il ne s'agit pas ici d'un événement historique que tout le monde peut voir mais d'une rencontre intime entre Jésus et les disciples. Notons d'ailleurs  que Jésus n'a pris que trois de ses disciples. Les autres n'étaient-ils pas prêt à assister à cette transfiguration?  Pourquoi Pierre, Jacques et Jean? on peut toujours  imaginer qu'ils connaissaient parfaitement l' AT, qu'ils savaient le haut des montagnes propice aux théophanies. Enfin qu'ils connaissaient bien les récits de Moise, d' Elie  et de la tente sur laquelle venait se poser la nuée.

Tous ces éléments de l' histoire d'Israël sont présents ici dans ce texte, un peu comme dans un rêve.  En effet dans le rêve, des choses de la vie viennent s'empiler sans ordre logique. C'est la raison pour laquelle il nous apparait incohérent. L'ordre chronologique  n'y est pas respecté. Des parties d'événements qui ont eu lieu à plusieurs années de distance se trouvent rassemblées dans le rêve. Les lieux sont  recomposés, bouleversés. L'histoire y est condensée. Les paroles entendues sont détachées du contexte initial. Le rêve recompose le temps, les lieux, l'espace,  les personnages.  C'est ce qui se passe ici dans ce texte de la transfiguration. On y retrouve des éléments de l'histoire et de la culture de ces trois disciples et la mise en scène de tous ces éléments dans une réorganisation nouvelle,  concourt à leur faire découvrir qui est Jésus Christ.

C'est ainsi que Elie et Moise  sont rassemblés alors qu'ils n'ont pas vécu à la même époque . Ils ont seulement  un point commun, celui de ne pas avoir de tombeau visible sur cette terre. Le visage de Jésus est rayonnant comme celui de Moise dans ex 34/30, son vêtement éclatant comme c'est écrit dans l' ecclésiaste 8/1. Il y a la tente de l' alliance et le moment  théophanique où Dieu apparait sur la montagne. Tous ces éléments se retrouvent en un bouquet sans logique pour dire aux trois disciples voilà Jésus. Ainsi, ils saisissent la nature de Jésus à travers ce qu'ils savent et qu'ils pensent ne pas savoir. Tout au moins, ils ne faisaient pas le lien entre ce qui est enregistré au plus profond d'eux-mêmes depuis la nuit des temps, et l'identité non révélée de Jésus.

C'est bien leur inconscient qui parle. Ils n'ont pas réfléchi, ils n'ont pas étudié. Tout ce qui est latent et dispersé au plus profond d'eux mêmes prend corps et leur désigne la  nature autre de Jésus. S'ils avaient voulu comprendre par la recherche, l'étude, l'enquête de la personnalité, ils auraient échoué. Ou alors, tout cela serait resté de l'ordre du livre, de la science et du savoir. Ils seraient restés extérieurs à leur découverte. Ici, ils sont en plein dedans. La preuve ils sont secoués par leurs émotions. La découverte agi sur eux. Elle les transforme autant que Jésus leur a apparu transformé.  Ils découvrent que Jésus est bien plus qu'un homme extraordinaire, ayant autorité par la parole et par l'action. Ils découvrent que ceux qu'ils tiennent pour les plus grands, Elie et Moise, s'entretiennent directement avec lui et qu'il est plus éblouissant qu'eux. Plus grand qu'eux. Quelle prise de conscience!! La transfiguration de Jésus les grise au point qu'ils veulent s'installer là et ne plus en bouger comme ces personnages étranges  et de légende que rencontre Ulysse au cours  de son odyssée, les Lotophages qui après avoir mangé leur lotos à la place du pain et du vin dont se nourrissent les hommes, ne se souviennent plus de rien, ne savent plus ni d'où ils viennent ni où ils vont . Et les compagnons d' Ulysse, après avoir mangé de cette nourriture réservée aux Dieux,   veulent rester là où ils sont dans une espèce de bonheur qui paralyse toute remembrance. Ulysse devra les prendre par la peau du cou et les jeter dans son embarcation.

Les disciples vivent bien autre chose qu' une connaissance descriptive et objective de Jésus. Comme Dieu, Jésus échappe à notre compréhension dans sa partie divine et s'il ne nous est pas révélé nous n'en percevons qu'une partie. O certes une partie extraordinaire car ses paroles, ses actes sortent du commun. Mais ils peuvent être discutés et ils le sont. Pour certains, Jésus est un prophète. Pour d'autres un révolutionnaire. Pour d'autres encore un sage. Mais son histoire ne peut pas être suivie comme celle d'un homme fut-il extraordinaire. Les Evangiles  ne sont pas des biographies. On ne peut pas raconter Jésus comme on raconte  Mahomet, Luther King, Gandhi, Guevara, les Réformateurs ou encore les saints. Jésus est bien plus qu'un personnage extraordinaire . Celui qui le rencontre ne peut plus s'en tenir à ses traces terrestres. Il ne peut pas le réduire à ses paroles et à ses actes.

Chez Jésus, ce qui va au-delà de la personne exceptionnelle qu'il est, ne peut être que révélé. Notre intelligence n'y suffit pas. Notre recherche  non plus. Pas même notre compréhension. Jésus n'est pas un objet de connaissance ou de savoir. Il se rencontre dans la prière, dans la contemplation. Là notre conscience, autrement dit la partie intelligente de notre esprit, celle qui réfléchit, est informée par notre inconscient c'est-à-dire par cette partie de nous même qui nous échappe. Cet inconscient contient toute notre histoire depuis les origines de l'humanité. Pas seulement le passé proche de quelques générations qui nous ont précédés mais tout ce qui a été depuis le début, depuis la nuit des temps. Nous, nous ne savons rien sur nous et sur le monde mais l'inconscient en sait plus sur nous et sur le monde, que nous n'en savons.  C'est pourquoi il nous présente Jésus qui était avant même qu'il vienne sur cette terre. Paul dans l'épitre aux Corinthiens parle de Jésus comme d'un deuxième Adam (1Cr 15/45). Le premier celui de la Genèse nous a introduit dans le vivant, dans notre nature, Jésus, le dernier Adam nous introduit dans l' Esprit vivifiant.   Or, nous voyons bien qu'il serait restrictif de cantonner Adam à un être humain seulement, le premier géniteur. Il représente l'humanité. De même il serait restrictif d'enfermer Jésus dans  un humain aussi parfait soit-il. Jésus représente l'humanité tout entière dans son rapport avec Dieu. Il nous révèle Dieu. Et selon moi, il en change même l'idée que nous nous en faisons à priori, tout naturellement. Nous ne prenons pas suffisamment la mesure de ce changement. Ainsi dans nos vies, Dieu reste le Dieu d'avant Jésus et Jésus seulement un personnage d'exception. Ici dans le texte, les disciples perçoivent Jésus incarnant Dieu.

Pour conclure, je dirai qu'il y a deux erreurs à éviter. La première serait de considérer Jésus comme un homme exceptionnel seulement caractérisé par son genre, ses talents, sa sagesse, sa lucidité, sa compassion et même sa mort pour une cause, pour des convictions. Bref tout ce qui peut caractériser un humain quelque peu exceptionnel. La deuxième serait de dire que Jésus est Dieu. Dans ce cas, y aurait-il deux Dieux? ou aurait-il supplanté le Dieu père? Un dieu à forme humaine est-ce possible, ne serait-ce pas de l'idolâtrie?

Il serait trop long de s'appesantir sur ces deux erreurs, elles pourraient faire l'objet d'une autre prédication. Je m'en tiendrai à une formulation classique pour désigner Jésus. Je dirai qu'il est le fils de Dieu. Dieu s'incarne en lui, le logos est fait chair. Je rappelle que le mot logos peut être traduit par parole et par raison. N'hésitons pas à utiliser les deux traductions possibles. Jésus est homme dans laquelle la parole s'incarne.  Nous pouvons ainsi entendre, peut-être comprendre quelque chose de Dieu. Mais c'est difficile ! Nous attendrions et nous aimerions que Dieu s'incarne dans un roi, un césar, un empereur tout puissant. Qu'il s'incarne dans l'homme qui va périr sur une croix nous apparait scandaleux comme le dira l'apôtre Paul. Quel mauvais choix. C'est la fin d'un Dieu tout puissant, qui n'a pas su choisir le bon cheval pour arriver à ses fins, pour gagner, en tout cas par la force.

Mais disons-le avec force: l'incarnation de Dieu en la personne de Jésus mourant sur une croix est le pilier principal de la foi chrétienne. C'est ce pilier qui aujourd'hui est sérieusement attaqué parce que le monde est toujours à la recherche d'un Dieu tout puissant et c'est ce que veulent offrir toutes les religions. Le christianisme saura t-il faire exception?

S.Soulier

23/12/2012

Quand Elisabeth rencontre Marie (Prédication du 23/12/2012)

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2 femmes…
2 femmes enceintes…
2 promesses en devenir…
 2 âges de la vie… et aucune des deux n’ est à l’heure !
Elisabeth est en retard… Marie en avance !
Elisabeth est vieille et usée… Marie vierge…est trop jeune, sans la moindre expérience…
Marie est immature pour accueillir un enfant
Elisabeth  est arrivée à un âge trop mûr, trop fatiguée pour accueillir la vie…
Avec le temps… Avec le temps va tout s’en va… tout fout le camp… et les grands désirs, et les grand projets… qu’il faut bien consentir à enterrer…quand l’heure ne vient pas… quand l’heure est passée… c’est pas l’heure… c’est plus l’heure….
2 femmes… 2 grossesses improbables… 2 parturientes dérangeantes… Trop tôt ou trop tard… l’horloge de Dieu est détraquée…
On n’a pas idée de mettre les gens dans des situations pareilles…
2 femmes… la jeune… la vieille… trop jeune… trop vieille… unies , étonnamment unies dans une commune aventure… étonnamment leurs singulières situations les rapprochent… étonnamment elles se ressemblent….et elles nous ressemblent… Oui ! Oui ! Nous nous reconnaissons aisément dans les deux…
Pour nous aussi c’est si souvent  trop tôt ou trop tard… 
Pour nous aussi, comme Elisabeth  bien souvent nous avons l’impression que nous sommes vieux fatigué et usés… que l’heure n’est plus aux grands projets… nous avons remisé les grandes aspirations, les grands désirs de notre jeunesse, les grandes attentes… tout cela est désormais au  grenier des oubliés, tout cela dort désormais dans les profondeurs des sous-sols et de nos caves... dormant désormais du sommeil éternel des espoirs évanouis…
Ce n’est plus l’heure… et inutile de creuser la terre, de remuer la boue, de secouer la poussière… ce serait peine perdu… ce serait  inutilement douloureux….
Ce serait faire du vent avec des rêves qu’on ne rêve plus
Ce n’est plus l’heure… et l’ecclésiaste a bien raison… il y a un temps pour tout… et  il y a longtemps déjà qu’avec Elisabeth nous avons tourné la page, nous sommes passés à autre chose… c’est peut-être çà la sagesse… un consentement au réel… voire à la fatalité… et tant pis si il reste des germes d’amertume dans des sillons durcis… c’est cela la vie aussi ! On fait avec…comme on dit… et aussi souvent  on apprend à faire sans…  Elisabeth nous va comme un gant… et au fond, à cela rien d’étonnant…

Plus étonnant c’est que nous puissions nous reconnaître aussi dans la petite Marie… dans cette jeune fille innocente  pas tout à fait sortie de l’enfance… Mais si une fois un message de Dieu  nous a interpellé… si une fois au moins nous avons été saisi par la force d’une parole de Dieu… au détour de l’évangile… Si une fois nous nous sommes dit : «  cette parole est pour moi »… alors sûr qu’aussi… nous nous sommes senti trop petit, trop jeûne dans la foi… pas encore prêt… pour vivre cela…
-    C’est vrai Seigneur… ton appel à partager… ton appel à pardonner… ton appel à me risquer… Ton appel à suivre le chemin du Christ… çà vient trop tôt… je ne suis pas prêt ! … Faudrait que je sois plus fort…plus constant… plus conséquent et plus  cohérent… je ne suis pas mûr Seigneur… j’ai besoin de temps pour répondre à ton appel… je dois encore apprendre… je dois avant grandir encore… prendre de l’assurance… je me sens pas prêt encore…j’en suis encore au petit lait de la foi… je devrai retourner au catéchisme élémentaire… j’ai l’impression que j’ai une foi infantile… immature certainement… Et si je me sens proche de Marie… parce qu’elle aussi était trop jeûne, trop inexpérimentée… je ne suis pas sûr cependant que je sois suffisamment inconscient pour m’associer à son « oui , je suis la servante du Seigneur… qu’il me soit fait selon la parole… ». Ce ne serait pas raisonnable… vraiment pas … vraiment c’est trop tôt…

Une vieille femme usée… une jeune vierge effarouchée… oui nous sommes les deux… et c’est souvent comme une malédiction pour nous qui du coup conjugons notre vie et notre foi soit au mode nostalgique du temps passé… passé simple… passé composé plus souvent…  en tout castoujours à l’imparfait  …
Oui nous conjuguons nos vies au passé mais nous les conjuguons aussi  au mode improbable du futur toujours conditionnel, du plus que parfait qui fait rêver mais où on ira jamais… Nos vies… notre foi conjuguée au futur du « tu repasseras quand je serai prêt… mais ne te presse pas trop… j’ai besoin de temps »…
Entre imparfait et conditionnel… notre vie et notre foi sont tiraillées dans une tension paralysante où le passé et le futur absorbent tout… si bien que notre présent s’estompe… jusqu’à s’effacer et que l’on oublie que « vivre » et « croire » sont des verbes qui ne se conjuguent jamais qu’au présent… vivre c’est maintenant… croire aussi… leur juste temps c’est le présent…on l’oublie sans doute…

Or Marie et Elisabeth sont enceintes toutes les deux et l’évangile de ce jour nous ouvre une perspective nouvelle et une issue susceptible de nous faire sortir des impasses stériles que sont devenus nos passés et nos futurs quand ils sont aussi envahissants.

L’évangile aujourd’hui fait rencontrer Marie et Elisabeth… la vieille et la jeune, le passé et le futur... dans le présent d’une rencontre…

Et si en nous aussi tout commençait par cette rencontre : mettre face à face, ce qu’il y a d’inaccompli en nous, tout ce qui nous semble encore à approfondir, faire croître, toute notre aspiration à grandir en maturité, en sagesse en cohérence…. Face à tout ce qu’il y a d’usé en nous, nos rêves abandonnés, nos espérances et nos projets désormais remisés dans le passé et la nostalgie… 
Mettre en présence d’un coté, ce que nous avons classé aux rayons des archives de nos « hiers »…de l’autre coté ce que nous repoussons sans cesses « au lendemain »….
Mettons ainsi au-dedans de nous, la vieille femme et la jeune vierge face à face, le trop usé et le trop inexpérimenté face à face… osons regarder ensemble ce que nous avons classé comme étant de l’histoire ancienne et ce que nous repoussons sans cesse dans un improbable futur…

Et bien chers amis… si nous osons cette lucidité-là, si nous osons faire rencontrer ces deux facettes de notre existence… je vous l’assure… la rencontre fera date… il va se passer des choses… quelque chose d’extraordinaire…

Comme Elisabeth qui a senti en elle-même bouger l’enfant qu’elle porte…
Nous ressentons au-dedans de nous que quelque chose bouge et vit… nous sommes nous aussi porteurs de vie, enceints d’une espérance qui est déjà là, vivant au-dedans de nous, impactant notre présent…  quelque chose s’apprête à naître en nous et nous en ressentons ici et maintenant les premiers signes… mais il nous faut la rencontre pour cela, la rencontre avec nous-mêmes, la rencontre avec nos semblables, cousines, frères ou sœurs, anges ou messagers… peu importe, c’est dans la rencontre que la vie en nous s’anime et se révèle,  vient faire irruption dans notre présent…

Parce que la Parole de Dieu n’est pas une parole d’archive du passé ni une parole pour quelques rares élus et héros avancé de la foi… de ces quelques rares témoins de l’avenir… Non la parole de Dieu s’incarne… nous la portons dans notre chair, c’est dans la réalité de notre vie, de notre corps et de ses limites… c’est là nulle par ailleurs que cette parole est mise au monde… c’est dans notre vie qu’elle est en train de naître !
Oui… Noël ce n’est pas bientôt c’est incessamment… imminent !
Voici qu'humblement, Dieu se fait petit enfant,
Dieu vient naître parmi nous,
Dieu cherche à naître en nous .
Il se peut que le grand problème de notre vie
ne soit pas tellement de vivre, mais finalement de naître !

Partout il est dit que nous avons le mal de vivre.
N'aurions-nous pas plutôt le mal de naître ?
C'est à dire de devenir celui que nous sommes véritablement
C'est-à-dire vivre au présent.

Car nous ne sommes pas l'homme que nous paraissons être :
célèbre ou inconnu, riche ou démuni, habile ou maladroit...
Ni vieille et usée… ni trop jeune et inexpérimentée
Tout cela, c'est l'apparence des choses.
Nous sommes un homme, une femme qui cherche à naître.
Si tu saisis en toi comme Elisabeth
cette pulsation merveilleuse qui te porte
à ne pas être aujourd'hui ce que tu étais hier,
tu es en train de naître .

Si tu te sens aujourd'hui comme Marie,
libre de faire confiance à l’appel
qui te déclare capable d'un amour tout neuf
que tu n'espérais pas hier,
tu es en train de naître.
Si tu te fais aujourd'hui, simple et vrai devant Jésus
pour te laisser conduire dans sa Lumière,
tu es en train de naître.
Sois sûr que la plus grande chose de la vie, ce n'est pas de vivre,
c'est de naître constamment.
Puisses-tu garder de ce jour la saveur d'une rencontre!
 Dieu vient remplir tes mains de pauvre.
La nouveauté que tu espères, il peut la faire jaillir en toi.
Puisses-tu garder de ce jour la confiante et humble certitude
Que tu es appelé indéfiniment à être et,
tout autant, appelé à faire naître les autres.

Et voici qu'inlassablement, dans ce temps de l’avent
dans l’imminence de Noël, jour après jour,
Dieu frappe à ta porte et demande à naître en toi !