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17/04/2016

Texte de la prédication du 17 avril 2016

Deuxième Epître de Paul aux Corinthiens 12, 1 à 10

 

Texte biblique 

Est-ce que je dois me vanter ? Cela ne sert à rien ! Pourtant je vais parler de ce que le Seigneur m'a fait voir et m'a fait connaître. 

 

Je connais un disciple du Christ. Il y a 14 ans, Dieu a enlevé cet homme jusqu'au plus haut des cieux. Est-ce que c'était avec son corps ? Je n'en sais rien. Est-ce que c'était sans son corps ? Je n'en sais rien, mais Dieu le sait. Je le sais, Dieu a enlevé cet homme jusqu'au paradis. Est-ce que c'était avec son corps ou sans son corps ? Je n'en sais rien, mais Dieu le sait.

 

Là, il a entendu des paroles qu'on ne peut pas dire avec des mots. Ces paroles, personne n'a le droit de les répéter. Pour celui-là, je me vanterai. Mais pour moi, je me vanterai seulement parce que je suis faible. Si je voulais me vanter, je ne serais pas fou, je dirais seulement la vérité, mais je ne le fais pas. Ainsi, on me jugera, seulement en voyant ce que je fais, et seulement en entendant ce que je dis, sans rien de plus.

 

Ce que le Seigneur m'a fait connaître est extraordinaire. Alors, pour éviter que je me vante de cela, j'ai reçu dans mon corps comme une blessure : un envoyé de Satan est chargé de me frapper pour m'empêcher de me vanter. 

 

Trois fois, j'ai prié le Seigneur de me délivrer de cette souffrance. Mais le Seigneur m'a dit : « Mon amour te suffit. Ma puissance se montre vraiment quand tu es faible. » Donc je me vanterai surtout parce que je suis faible. Alors la puissance du Christ habitera en moi. C'est pourquoi les faiblesses, les insultes, les difficultés, les souffrances et les soucis que je connais pour le Christ, je les accepte avec joie.

 

Oui, quand je suis faible, c'est à ce moment-là que je suis fort.

 

Prédication

Une gêne

J’ai rarement été aussi gêné avec un texte biblique qu’avec celui que nous avons lu ce matin.

 

En disant cela, je pense surtout à la première partie de ce texte, où Paul relate une expérience très intime, très personnelle, qu’il a faite avec Dieu.

 

Cette expérience, qui est même située dans le temps, c'est-à-dire 14 ans plus tôt que la rédaction de sa lettre aux Corinthiens, elle est tellement intime que Paul lui-même a du mal à trouver les mots pour en parler.

 

Le Seigneur lui a fait voir et lui a fait connaître quelque chose… il l’a enlevé jusqu’au plus haut des cieux… avec ou sans son corps, Paul ne le sait pas très bien… ce qu’il sait par contre c’est qu’il a entendu à ce moment là des paroles que l’on ne peut pas dire avec des mots, et que l’on n’a même pas le droit de répéter.

 

Pourquoi relater cela ?

Mais si cette expérience est si mystérieuse, pourquoi donc Paul en fait-il état dans cette lettre aux Corinthiens ?

 

Serait-ce pour nous donner envie de vivre quelque chose de semblable ? Non, je ne pense pas. Pas un instant il insinue que son expérience devrait faire partie de la vie spirituelle des Corinthiens.

 

Serait-ce pour nous témoigner que sa propre vie spirituelle est riche en expériences ? ça, c’est bien possible, car les Corinthiens lui faisaient le reproche de ne pas être assez spirituel. C’est un comble, mais c’est la réalité.

 

Enfin, Paul raconte-t-il cette mystérieuse expérience pour dire qu’il pourrait s’en vanter, en tirer de l’orgueil ? ça, certainement, il le dit même clairement : « Si je voulais me vanter, je dirais la vérité… mais je ne le fais pas ».

 

Et il va encore plus loin sur la question de l’orgueil : il dit que pour éviter qu’il ne tire orgueil de son expérience, Il a reçu dans son corps comme une blessure : un envoyé de Satan chargé de le frapper pour l'empêcher de se vanter

 

Expérience et orgueil : comment gérer cela ?

A ce stade de ma prédication, je vous pose une question : Comment gérez-vous votre orgueil quand il pointe le bout de son nez au détour d’une expérience que vous auriez faite dans votre vie ?

 

Vous me direz : je n’ai jamais vécu ce que Paul a vécu… moi non plus ! Alors je vous réponds que justement, alors même que notre vécu est bien plus modeste que celui de l’apôtre Paul, il nous arrive quand même de tirer orgueil de notre vécu… Que faire avec cela ?

 

Que faire lorsqu’il nous semble être plus spirituels que tel ou tel frère (ou sœur) avec qui nous nous comparons ?

 

Que faire, quand nous percevons une vérité nouvelle dans notre vie avec Dieu, et que nous sommes convaincus d’être les seuls à l’avoir perçue ?

 

Que faire quand nous ressemblons au pharisien qui priait au temple à côté d’un homme de mauvaise réputation, en disant : Mon Dieu merci de ce que je ne suis pas comme cet homme, moi qui ne cesse d’accomplir des actes de justice ?

 

Que faire quand une réussite, un exploit, un accomplissement, que sais-je encore… ? nous monte à la tête, et que tout sentiment de modestie a disparu ?

 

Notre état d’esprit par rapport aux autres

Ne me comprenez pas mal : je n’ai rien contre le vécu de belles expériences spirituelles, ni contre la réussite de ce que nous entreprenons. Au contraire !

 

Ce que j’interroge c’est l’état d’esprit dans lequel cela nous met par rapport à ceux qui n’ont pas forcément vécu les mêmes choses.

 

Car c’est de cela que Paul a été tenté de se vanter : il risquait de tirer orgueil de son expérience, de se vanter de son vécu… mais comment, pourquoi, ne l’a-t-il pas fait ?

 

Comment témoigne-t-il de sa victoire sur l’orgueil ? Parce que c’est cela le cœur du témoignage que nous recevons de lui ce matin.

 

Paul ne vient pas nous dire : voilà l’extase que j’ai vécue ! Il vient nous dire : voilà ce que j’ai vécu et voilà comment Dieu m’a permis de ne pas en tirer orgueil.

 

Une blessure au service de la modestie

Je relis avec vous le verset 7 : « Ce que le Seigneur m'a fait connaître est extraordinaire. Alors, pour éviter que je me vante de cela, j'ai reçu dans mon corps comme une blessure : un envoyé de Satan est chargé de me frapper pour m'empêcher de me vanter »

 

J’ai reçu, dit-il, dans mon corps une blessure, pour éviter que je ne me vante de mon expérience spirituelle.

 

Cela me fait penser à ce que dit ailleurs le même apôtre Paul : il dit « si j’avais même la science de tous les mystères… et toute la connaissance… si j’avais même la foi jusqu’à transporter des montagnes… si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.

 

C’est ainsi que nous avons à mettre toute notre vie chrétienne en perspective : autrement dit : quelle que soit la beauté de nos expériences spirituelles, quelle que soit le délice de notre vie intérieure, quelle que soit la réussite de nos entreprises… si nous n’avons pas l’amour, et la modestie qui en fait partie, nous ne sommes rien.

 

C’est pourquoi dit Paul, pour éviter que je ne me vante de mon expérience spirituelle, j’ai reçu dans mon corps une blessure, qu’il appelle même un envoyé de Satan au service de sa modestie !

 

Voilà simplement comment cet homme que certains qualifient de grand homme, même si Paul n’aurait pas aimé cette appellation… voilà comment ce serviteur de Christ interprète la faiblesse dont il est atteint.

 

Un message contraire à celui du monde

Ce qui est dit là est contraire à tout le discours ambiant que notre monde nous offre. Là où on nous dit que la réussite consiste à être beau, riche et en bonne santé, Paul vient nous dire qu’il vaut mieux être malade et modeste que bien portant et enflé d’orgueil.

 

Avec cette parole, nous avons un exemple du renversement que produit l’Evangile dans la vie d’une personne. C’est simplement que la réussite aux yeux du monde n’est pas la réussite aux yeux du Christ.

 

Je me rends compte au point où j’en suis arrivé avec vous ce matin, que je commence tout juste d’amorcer la question de la maladie et de la guérison… il va donc me falloir une deuxième prédication, dimanche prochain, pour parler des trois derniers versets de notre texte.

 

Mais ne soyons pas trop déçus : au point où nous en sommes arrivés, nous comprenons qu’il vaut mieux parfois faire l’expérience de la faiblesse et rester proche de Dieu que de faire l’expérience de la force et s’éloigner de lui.

 

Quant à dimanche prochain, je vous laisse avec une question simple pour vous y préparer : Jusqu’à quel point nous faut-il prier pour surmonter nos faiblesses ?

 

C’est à mes yeux tout l’enjeu des versets 8 à 10 de notre passage, relisons-les tranquillement durant la semaine qui vient. Amen

 

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