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24/01/2016

Texte de la prédication du 24 janvier 2016

« Vous êtes le peuple que Dieu s’est acquis

Pour que vous proclamiez les merveilles

De celui qui vous a appelés des ténèbres

A son admirable lumière.

 Vous qui jadis n’étiez pas son peuple,

mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ;

vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde,

mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.»

(1 Pierre 2.9-10)

 

Cette année, ce sont les chrétiens de Lettonie qui ont choisi les textes bibliques et les prières pour la semaine de l’unité.

 

La Lettonie est un pays qui est au carrefour des traditions catholique, orthodoxe et protestante, avec donc une expérience œcuménique solide.

 

Un point commun entre les Eglises

Ça me conduit à souligner un point commun qui existe entre les Eglises de Lettonie, celles à qui l’apôtre Pierre s’adresse, et nous qui sommes aujourd’hui auditeurs de cette parole.

 

Ce point commun, c’est que notre existence en tant qu’Eglises est le fruit d’un appel de Dieu.

 

Pierre qui s’adresse à plusieurs communautés chrétiennes a la certitude que ses lecteurs pourtant dispersés dans cinq provinces romaines sont unis spirituellement par un appel de Dieu.

 

Et ce n’est pas n’importe quel appel : il s’agit de l’appel à passer des ténèbres à la lumière de Dieu, c'est-à-dire à devenir peuple de Dieu alors que jadis nous n’étions pas son peuple, et à obtenir miséricorde alors que jadis nous n’avions pas obtenu miséricorde.

 

L’appel de Dieu se précise encore quand Pierre s’exclame : Vous êtes le peuple que Dieu s’est acquis

Pour que vous proclamiez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

 

Deux exemples des merveilles de Dieu

J’aimerais m’arrêter avec vous sur deux de ces fameuses merveilles de Dieu que les Eglises sont appelées à proclamer.

 

Oui, je vais prendre deux exemples de ces merveilles de Dieu, qui nous sont accessibles, et que nous avons à proclamer. Deux exemples qui reflètent à mes yeux notre réalité locale.

 

Le premier exemple c’est celui du regard que Dieu pose sur nos Eglises belles mais imparfaites, heureuses mais handicapées de plusieurs manières, à la fois fortes et sujettes à la fragilité.

 

Le regard que Dieu pose sur nos Eglises s’exprime par cette parole : « vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, maintenant vous avez obtenus miséricorde ».

 

Voilà une merveille de Dieu : la miséricorde, la profonde bonté, la compassion que Dieu manifeste à son Eglise, à nos Eglises, quelle qu’en soit leur dénomination. Par le simple fait que nous existions.

 

Mais ça va plus loin : c’est à nous que la question est posée. Où est notre miséricorde envers notre Eglise, en réponse à la miséricorde que Dieu lui fait ? où est notre bonté, notre indulgence, notre compassion pour l’Eglise de Dieu.

 

Nous avons tendance il me semble à être plutôt sévères à l’égard des imperfections de nos Eglises respectives.

 

Je ne parle pas du regard que nous portons sur les autres Eglises que la nôtre, mais bien de notre sévérité à l’égard de l’Eglise à laquelle nous appartenons.

 

Je ne mets pas en cause ici toutes les critiques constructives et nécessaires que nous avons à faire pour que la vie du peuple de Dieu progresse.

 

Ce que je mets en cause, c’est notre manque de bonté, de douceur, et de miséricorde, qui contraste tellement avec la miséricorde que Dieu nous manifeste.

 

Aimer les autres Eglises, c’est finalement assez facile parce qu’on se voit au fond assez peu.

 

Mais manifester de la bonté, de la patience et de l’espérance pour notre propre Eglise, c’est ça la proclamation que nous avons à faire des merveilles de Dieu, c'est-à-dire de sa miséricorde envers chacune de nos dénominations.

 

Le deuxième exemple que je vous propose des merveilles de Dieu, c’est son regard non plus sur le peuple de l’Eglise mais sur les places vides qui se trouvent dans chacune de nos Eglises.

 

Le regard de Dieu sur les places vides de nos Eglises, c’est ici encore un regard de bonté, de patience et de miséricorde. Dieu ne nous reproche pas ces places qui restent vides, il nous envoie au dehors pour appeler ceux qui viendront les occuper.

 

Attention, l’apôtre Pierre n’est pas en train de dire que tous ceux qui ne fréquentent pas nos Eglises sont dans les ténèbres. Il existe heureusement des chrétiens lumineux qui ne fréquentent aucune Eglise. Et c’est à nous de nous demander pourquoi.

 

Parfois du reste c’est nous-mêmes qui sommes évangélisés par des gens qui ne fréquentent pas nos Eglises.

 

Voilà pour ces deux exemples : proclamer les merveilles de Dieu en faisant miséricorde à notre Eglise comme lui-même lui a fait miséricorde, et proclamer les merveilles de Dieu en brillant dans les ténèbres comme lui est venu briller dans nos propres ténèbres.

 

Un triple message

Je termine cette prédication en adressant brièvement un triple message :

 

D’abord à ceux d’entre nous qui peut-être n’ont jamais goûté à la profonde bonté, et à la miséricorde de Dieu. J’aimerais vous dire qu’il est encore temps de le faire. Dieu souhaite vous rejoindre dans l’intimité de votre vie et de votre recherche.

 

Ensuite un message à ceux qui ont goûté à la bonté et à la miséricorde de Dieu, mais qui s’en sont éloignés, que ce soit par déception, par négligence, ou par désir de se tourner vers autre chose. J’aimerais vous dire que Dieu non seulement attend votre retour vers lui, mais qu’il est en route pour vous rejoindre et vous prendre dans ses bras comme au premier jour.

 

Enfin un message à ceux qui sont très sûrs de leur position de chrétiens, qui se sentent solidement fondés sur le roc, et qui sont très conscients de leur appartenance au peuple de Dieu. J’aimerais vous dire simplement : ne soyez pas trop sûr de vous-mêmes, ne soyez pas imbus de votre enracinement dans la vérité, mais soyez sûrs de la miséricorde de Dieu qui elle seule vous tient attachés à Jésus-Christ et qui continue de vous faire grâce jour après jour, amen.

 

 

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