UA-86577180-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/12/2015

Texte de la prédication du 27 décembre 2015

Luc 20.9-19 : Parabole des vignerons.

 

Voici une histoire qui a plus les allures d’un drame que d’une bonne nouvelles pour ce dernier dimanche de l’année 2015.

 

J’y ai trouvé pourtant de quoi nourrir notre relecture de l’année écoulée, et nous préparer à celle qui va s’ouvrir. Je parle de relecture, car c’est bien à cela que nous sommes invités. Souviens-toi dit Dieu si souvent à son peuple. Souviens-toi que Dieu a été fidèle pour toi dans les petites choses, et même dans les grandes. C’est ça une relecture : c’est repenser à une année écoulée, et oser reconnaître que Dieu ne nous a jamais laisser tomber : que ce soit dans nos infidélités, nos inquiétudes, nos maladies, nos refus de Dieu, ou encore nos mauvaises langues… Dieu s’est révélé comme celui qui nous a pardonnés, relevés, remis en marche quand nous sommes tombés.

 

Je pourrais intituler ma prédication de ce matin : « Nous résistons à Dieu, et Dieu traverse nos résistance ». Il persiste à rechercher notre écoute, et notre obéissance. Oui, l’homme résiste mais Dieu persiste.

 

La parabole des vignerons violents me semble dire en effet comment Dieu persiste durablement à faire quelque chose de nous et avec nous. Et cela en dépit de nos résistances à Dieu, qui font partie de notre maturation spirituelle. : « Les hommes résistent à se confier en Dieu, mais Dieu persiste à vivre avec les hommes ».

 

Pour illustrer cela, deux images se superposent dans la parabole que Jésus raconte : d’une part l’image de la vigne et des vignerons et d’autre part l’image de la pierre et des bâtisseurs. Ces deux images ont ceci de commun, qu’elles nous montrent toutes les deux, un acte brutal, un acte du rejet.

 

Dans l’image de la vigne, l’acte du rejet se montre à plusieurs reprises, avec une violence progressive. Le rejet se dirige au terme de la parabole, contre le fils bien aimé du maître de la vigne. « Ils le chassèrent hors de la vigne et le tuèrent. ».

 

Dans l’image de la pierre, l’acte du rejet est montré brusquement dans la parole que Jésus emprunte au psaume 118 : « la pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue la principale, celle de l’angle ».  

 

C’est ainsi que deux figures du rejet se succèdent : le rejet du fils héritier et le rejet de la pierre fondatrice.

 

Nous aurions tort d’imaginer que ces deux figures du rejet sont mises en scènes par Jésus de manière exagérée ou simplement théorique. Car par ces deux images, Jésus vise avant tout son propre destin.

 

Jésus est bien celui qui n’a pas été reçu au moment où il s’est approché des hommes. Cette parabole est d’abord une mise en image et un avertissement du sort que les hommes lui réservent, à savoir le rejet, le refus. Elle nous parle de notre résistance à accueillir Jésus qui est Parole de Dieu.

 

Cette parabole nous rejoint aussi dans nos résistances à recevoir aujourd’hui les signes de vie que Dieu nous adresse. Comment la vie de Dieu s’est-elle manifestée pour vous ou pour vos proches durant l’année écoulée ?

 

A la fin d’une année puisque notre vie est rythmée par les mois et les années, il est salutaire de prendre conscience de nos résistances à Dieu dans le temps, les jours, l’année qui s’est écoulée.

 

Le théologien André Gounelle dans son livre « parler de Dieu » fait remarquer que la mode est à un Dieu qui ne peut jaillir que de l’intérieur de nous-mêmes. Comme si j’étais un chrétien autonome, qui n’aurait plus besoin ni de ses frères et sœurs, ni d’une parole nouvelle venant de Dieu.

 

Et pourtant, soyons honnêtes : notre vie est faite pour accueillir une parole déroutante venant de plus haut que nous-mêmes, pour accueillir un événement qui oriente nos choix, ou une rencontre qui modifie le cours de notre vie.

 

Or c’est justement lorsque Dieu nous déroute que peut jaillir de notre cœur la confiance. Mais au contraire, nous résistons parfois au surgissement de Dieu, comme les vignerons ont violemment résisté à ceux que le propriétaire de la vigne leur a envoyé.

 

Nos résistances à Dieu sont-elles sans espoir ? Jésus répond que non. Dans la parabole, chacune des deux scènes de rejet finit par se retourner et se transformer dans le bon sens.

 

Dans un premier temps de la parabole, il semble que le propriétaire soit mis en échec. Mais voici le retournement : Ce que les uns refusent, d’autres vont le faire à leur place. Les premiers vignerons sont écartés et la vigne est confiée à d’autres vignerons.

 

Là où l’humain résiste à Dieu, Dieu persiste avec les humains.

 

Il y a un retournement aussi dans l’image de la construction : la pierre est rejetée dans un premier temps par les ouvriers, puis elle est réhabilitée. Elle devient la pierre principale qui va faire tenir ensemble le travail de Dieu qui se poursuit au-delà du rejet. Là encore, « Les hommes résistent à Dieu, mais Dieu persiste avec les hommes »

 

C’est à mon sens un message missionnaire qui est porté par cette parabole : le rejet du Fils de Dieu, ne met pas en échec l’amour persistant de Dieu notre Père.

 

Au seuil de l’année 2016, nous sommes invités à recevoir ce matin le message de la persistance de Dieu. Il persiste dans son histoire d’amour avec les femmes et les hommes que nous sommes aujourd’hui.

Dieu persiste envers et contre tout à nous envoyer dans notre quotidien, comme chrétiens dans le monde, comme témoins d’un Dieu qui tient aux humains avec un amour tenace !

 

Oui, si l’année écoulée nous place devant les résistances que nous avons opposées à Dieu, elle nous place aussi devant la persistance de Dieu, qui nous pardonne et continue de construire avec nous une relation de confiance.

 

Oui Dieu nous fait confiance, il nous confie une bonne nouvelle dont nous devenons les témoins. Il travaille non seulement pour nous, mais aussi avec nous. Et voici cette bonne nouvelle insufflée par la parabole de ce matin : c’est que Dieu n’abandonne jamais. Là où l’homme résiste, D persiste. Amen

Les commentaires sont fermés.