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01/11/2015

Texte de la prédication du 1er novembre 2015

Pasteur : PA Schaechtelin

La communion des saints

 

1 Corinthiens 1.1-3 et Hébreux 12.1-2

 

La Toussaint et les protestants

Nous l’avons déjà dit durant ce culte, aujourd’hui c’est la fête de la "Toussaint", autrement dit la fête de "tous les saints". 

 

Elle est fêtée surtout dans le christianisme catholique et orthodoxe, elle est malheureusement trop souvent passée sous silence dans le christianisme protestant.

 

A l’origine, cette fête est une occasion de rendre grâce à Dieu d’abord pour les martyrs chrétiens dont on ne connaissait pas toujours le nom, et puis aussi pour des chrétiens dont la vie a été un modèle de foi et de vertu.

 

Ce qui nous dérange quand on est protestants, c’est d’ établir des catégories entre les chrétiens. Il n'y a pas pour les protestants une élite composée de "saints" qui seraient définis comme tels par l’Église, et puis d’autres croyants qui seraient moins saints que les premiers.

 

Ce qui ajoute encore à la réticence  protestante vis – à – vis de la fête de la Toussaint, c’est sa proximité et parfois sa confusion avec la fête des morts fêtée le lendemain  avec des coutumes porteuses aux yeux des protestants de quelques confusions possibles !

 

La communion des saints

Pourtant on parle bel et bien de "saints" chez les protestants. Nous affirmons régulièrement que nous croyons à la "communion des saints", comme le dit l'une de nos confessions de foi bien connue.

 

Si donc les protestants parlent de "communion des saints", c'est bien que cela fait aussi partie de leur foi, et c'est qu'ils en ont certainement trouvé trace dans la Bible !

 

C'est ce que je vous propose de découvrir avec le 2ème des deux textes du Nouveau Testament que nous avons lus tout à l’heure.

 

Les saints dans le langage courant

Dès le début de la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens, l'apôtre parle des "saints", et plus exactement de ceux qui ont été sanctifiés et qui sont appelés saints.

 

Le mot existe donc bien dans la Bible! Mais encore faut-il savoir le sens qu'on lui donne. C'est ce que je vous propose de faire maintenant.

 

Généralement, quand on pense "saint" ou "sainte", on imagine spontanément quelqu'un de presque parfait sur le plan moral et spirituel : un exemple, un modèle, une femme ou un homme hors du commun !

 

Sans même aller jusqu’à parler de Saint Augustin ou de Saint François d’Assise, ou de Sainte Thérèse, il nous arrive de parler d’une personne d’exception en disant qu’elle est une sainte femme, ou un saint homme, mais je crois que c’est plus courant d’en parler au sujet d’une femme, et sans doute que Mesdames vous le méritez bien.

 

Les saints dans la Bible

Ceci dit, si on revient au langage de la Bible, dans la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe, il n’y a rien de tout cela. Il n’y a pas de distinction entre les croyants, pas de mise en avant d'une catégorie de chrétiens qui serait à part des autres.

 

Quand Paul écrit, avec son ami Sosthène, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, il précise que cette Église ce sont ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, à savoir ceux qui sont appelés saints.

 

L’Église, dans ce passage et dans d’autres, c’est ni plus ni moins que l'ensemble des saints car ce terme est attribué à chaque personne qui est unie par la foi à JC !

 

Oui, dans le NT, les saints ce sont tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu et non quelques uns seulement.

 

Signification du terme « saint »

Cela me conduit à me poser avec vous la question suivante : que signifient alors les mots mêmes de saint ou de sanctifier ?

 

Dans la Bible, ces mots désignent essentiellement le fait d'être mis à part par Dieu pour lui appartenir.

Quand Dieu sanctifie quelqu'un, c'est qu'il le prend avec lui, tout proche de lui. Ce qui est notre cas, si nous sommes chrétiens.

 

Mais si Dieu nous rend proches de lui, ce n'est pas pour faire de qui que ce soit une élite parmi les humains. C'est pour nous confier ensuite un service, une mission auprès des humains. Oui, quand quelqu’un, et c’est le cas pour tout croyant, confie sa vie à Dieu, pour lui appartenir et pour le servir, il devient un témoin auprès des autres. et c’est pourquoi la lettre aux hébreux parle d’une nuée de témoins pour désigner les croyants de tous les lieux et de tous les temps.

 

La Bible ne fait pas de distinction entre un témoin de JC et un saint. Un saint n'est donc pas dans le langage biblique un croyant doté d'une morale supérieure ; c’est plutôt une personne appelée par Dieu et devenant un signe, un témoin pour ses frères et sœurs en Christ et pour ses frères et sœurs en humanité.

 

Et j’insiste sur le fait qu’il n'y a pas de petits et de grands appels, pas de petites et de grandes missions, pas de petits et de grands saints.

 

En acceptant l'appel que Dieu nous adresse à tous, nous nous laissons prendre à part, avec lui, tout proche de lui, et nous pouvons alors témoigner qu'il nous tend bel et bien la main à tous et nous invite à ses côtés, avec toute une nuée de témoins.

 

L’Eglise, des pécheurs, des saints

C'est là au fond que se trouve l’Église, la communion des saints, c’est dans le rassemblement de tous ceux qui sont appelés par Dieu à l’aimer et à le servir d’une manière ou d’une autre. La communion des saints, c’est l’ensemble de ceux qui en tout temps et en tout lieu, ont confié leur vie à Dieu. 

 

Or je précise que pour Paul, et tout le NT, l’Église n'est jamais perçue comme étant infaillible. Lisez les reproches que Paul fait aux Corinthiens : ils les appelle saints, mais qu’est ce qu’il leur balance comme critiques !

 

Oui, ce sont les pécheurs que nous sommes que Dieu appelle à lui appartenir, à vivre proche de lui, à être sanctifiés c'est-à-dire mis à part pour Dieu…

 

Et je vous engage à retenir ceci : Un saint c’est toujours un pécheur appelé par Dieu à devenir un disciple de JC.

 

L’Eglise est ainsi composée de cette foule intemporelle de saints, d’appelés par Dieu, et nous le sommes, nous qui entendons aujourd’hui cette parole et cet appel.

 

Mais attention : Sans Dieu, il n’y a pas d’Eglise, sans le Christ, il n’y a pas de chrétiens, et sans Esprit saint, il n’y a personne qui soit sanctifié.

 

Vous sentez-vous grâce à Dieu membre de son Eglise ? Vous sentez-vous appelés par le Christ au service de Dieu et du prochain ? Etes-vous devenus saints par la présence en nous de l’Esprit de Dieu ? je vous le souhaite de tout cœur.

 

Une conséquence

J’aimerais en tirer une conséquence pour nous qui écoutons cette parole.

 

C’est que nous sommes dans la communion des saints avec toute l’Eglise de Dieu, qui a je le répète une dimension intemporelle. Car le terme d’Eglise signifie assemblée, peuple appelé par Dieu, et répondant à cet appel.

 

C’est cela la communion des saints. Et je ne suis pas ici ce matin pour dire qui dans l’histoire humaine en fait partie ou n’en fait pas partie.

 

J’ai déjà dit que la sainteté n’était pas une question de perfection morale. J’ajoute que ce n’est pas non plus une question d’appartenance ecclésiastique. Et je ne crois pas non plus que ce soit une question d’appartenance religieuse.

 

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne me permettrais pas de dire que tout le monde sera sauvé, car je n’en sais rien. Mais je ne me permettrais pas de dire non plus que seuls des chrétiens seront sauvés, car je n’en sais rien non plus. Je crois que c’est par JC que Dieu sauve, mais je ne connais pas les frontières du peuple que Dieu mettra au bénéfice du salut en JC.  Je sais une chose : c’est que vous et moi aujourd’hui nous sommes appelés à vivre comme disciple de Jésus, et que refuser cet appel, c’est refuser notre salut.

 

Dieu sauve et sanctifie par appel

Ce que je crois, c’est que par JC Dieu sanctifie et que Dieu sauve. Il sauve comme dit l’Apocalypse, des hommes et des femmes de toute nation, de toutes langues, de toute tribu, et de tous peuples. Et c’est avec eux de tous les lieux et de tous les temps que nous sommes dans la communion des saints.

 

Et j’ajoute ceci pour conclure : Notre mission, nous qui sommes saints en JC, par appel de Dieu, c’est de ne jamais résister à l’appel de Dieu. Par la persévérance, il nous faut nous maintenir dans cette dynamique de conversion à Dieu, d’appartenance à Dieu, de sanctification pour Dieu.

Pas meilleurs mais au service

Oui, nous sommes dans la communion des saints dans la mesure où nous sommes non pas meilleurs que les autres, mais dans la mesure où nous sommes sauvés au service des autres, amen.

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